Voici une critique de L’Edit d’Alambrisa par Kasseul, du forum Lecture imaginaire :

Je l’ai littéralement dé-vo-ré !

La couverture est très sobre. Au vu de la qualité du roman, le livre mériterait d’avoir une sublime couverture. Après, ne connaissant pas bien les Editions du Monde Premier et les petites maisons d’éditions, je suppose qu’il n’est pas facile d’engager un graphiste pour réaliser les couvertures. Le résumé est intéressant. Il nous montre un monde qui semble utopique mais qui pourrait être remis en cause.

Les personnages sont vraiment intéressants et tous travaillés. Sicara, pour commencer, est très humaine. Elle est gentille, drôle, mais j’ai parfois été un peu exaspérée par son envie de respecter l’Edit point par point. En revanche, on a à faire à une héroïne qui n’est pas niaise, qui se pose des questions et qui a des doutes. Ergej est le personnage que je préfère. Il est mystérieux et franchement pas très sympa, et même si ça s’améliore avec le temps, j’avoue le préféré au début du roman. Je le préfère plus sec et froid que sympathique et tendre. Nirov est un personnage que j’ai eu un peu de mal à saisir, tant au début qu’à la fin. J’ai peut-être lu un peu trop vite un passage, mais j’ai eu du mal à tout comprendre sur son histoire, notamment sur ce qui l’a mené à se déclaré Empereur à Valendre. Les autres personnages sont bien amenés, ils ont chacun leur histoire, que ce soit les jumeaux Den Helden, Alania ou Kardarref.

Le scénario est bien ficelé, bien que j’ai trouvé l’intrigue un peu longue à se mettre en place. Le début du roman est entièrement consacré à la découverte d’Almabrisa et du Conservatoire. Le début est donc très lent, mais on découvre chaque personnage. Globalement, les péripéties sont assez espacées les unes des autres et sont séparées par des évènements communs comme les repas au mess ou les apprentissages. Ce n’est pas toujours passionnant, et même si j’ai pris plaisir à voir l’amitié se développer entre les personnages, j’ai parfois trouvé ces moments un peu inutiles car ils rompaient le rythme du récit. J’ai eu également du mal à me faire une idée du temps qui passe. En effet, plusieurs années s’écoulent, et il semble à certains moments que seuls quelques jours se sont passées, surtout à la fin du roman. Mais au moins, l’intrigue se met en place doucement, on découvre les éléments au fur et à mesure, et même si on s’attend à certaines choses, on n’est pas déçus de les voir arriver. Malgré tout, j’avais un peu de mal à voir où nous menait l’intrigue, et c’est dans les 200 dernières pages que j’ai vraiment compris contre qui il fallait se battre. La mort de l’ennemi principal est assez brutale, presque un peu trop simple vis à vis de son histoire complexe. Néanmoins, la fin réserve une bonne surprise, notamment lors de l’attribution des nouveaux Apprentis aux Maîtres. Cependant, j’aurais aimé revoir deux personnages qui sont directement concernés par la Guerre. De plus, le gros point positif du scénario, c’est que jamais les personnages n’ont tenté de détruire l’Edit ni à la contredire, et même s’il est encore en place à la fin de l’histoire, on sent bien que personne n’aura à le détruire et qu’il sera remis en cause avec le temps.

L’écriture est un vrai régal. Malgré quelques fautes qui se sont glissées dans le texte, le reste est vraiment excellent. Les descriptions sont biens, les personnages sont travaillés, le suspens est maintenu jusqu’au bout, et la tension monte au cours des presque 900 pages de la version numérique. Ce que j’ai véritablement adoré, c’est qu’il manque quelque chose de très important au peuple d’Alambrisa, et même si on finit par le remarquer, lors de la révélation, on se rend compte que cette chose manquante n’est en effet jamais abordée dans l’histoire avant. J’aurais voulu que l’on s’attarde un peu plus sur la Guerre, car beaucoup de temps se passe pendant celle-ci, on sait qu’il y a des combats, mais finalement, on n’y assiste pas beaucoup. A part cela, je n’ai rien à dire sur l’écriture, j’ai été assez agréablement surprise de trouver une telle qualité. J’aurais peut-être aimé un peu plus d’humour. Même si les personnages se font des blagues entre eux, j’aurais aimé pouvoir en rire également. Plus globalement, je n’ai pas pu m’empêcher de voir dans ce roman une critique des sociétés pseudos-parfaites que certains tentent de construire, ainsi qu’une critique envers les livres sacrés qui tentent d’imposer un mode de pensée en faisant passer tout le reste pour quelque chose d’infâme et d’interdit.

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