Une ville d’enfer – 2

Devant « The Barber Shop », New York

1h

 « The Barber Shop » avait une façade pas vraiment avenante : une peinture qui se craquelait, un carré de vitres cassées… Je me demandais même si la Fouine ne m’avait pas envoyé dans un traquenard. Je décidais d’entrer et me retrouvais nez à nez avec un homme grand, blanc comme neige et sans cheveux qui me fixait avec des yeux livides.

– Vous avez rendez-vous ? Me demanda-t-il.

Et là, les paroles de la Fouine se sont imposées d’elles-mêmes. La Fouine n’était pas si bête que ça.

– Les rendez-vous c’est pour les cols blancs !

– Je vous en prie, me dit-il en ouvrant une porte derrière le comptoir.

Je descendis un long escalier un peu bancal. Je voyais au fond une lumière blanche et j’entendais du charleston de plus en plus fort.

Enfin, j’arrivais au milieu d’une salle décorée comme un vieil opéra avec une scène où évoluait une créature irréelle, des hommes relativement bien habillés, des femmes légèrement vêtues et l’ensemble bougeait dans une cacophonie alliant musique et voix…

Je me dirigeais vers le bar situé sur la droite et m’assit sur un tabouret, en étant sûr qu’on n’allait pas me laisser seul bien longtemps.

– Je vous sers quoi ? me demanda le barman

– Un renseignement…

– On ne fait pas ça ici,me dit-il en regardant derrière mon épaule.

C’était prévisible qu’il me signale et ça me rendait service.Je n’allais pas perdre mon temps. Je sentis une main se poser sur mon épaule.

– Je peux vous aider commissaire ?

Je me retournais et vis un homme habillé d’une manière très classe, le cheveu gominé et un sourire ravageur.

– Monsieur Rildo, je suppose ?

– Je préfère Don Rildo, si vous permettez. Qu’est-ce que vous voulez, commissaire Black ?

– Je vois que les présentations sont faites. On a retrouvé une femme blonde d’environ 25 ans avec une robe rouge dans une ruelle, une balle dans la tête…

L’annonce le troubla, je sentis que même si c’était un mafioso qui tuait pour le plaisir, ce gars pouvait avoir un cœur. Un mafioso amoureux, c’était la meilleure !

– Venez dans mon bureau,commissaire ! Nous serons mieux pour discuter !

 Bureau de Don Rildo, New York

1h15

Don Rildo s’assit devant son bureau qui était relativement simple et austère comparé au style de la salle dans laquelle je me trouvais à l’instant.

Il s’adressa à son « cerbère » personnel :

– Tu vas me chercher Diego et Anna, immédiatement !

Puis il me regarda droit dans les yeux.

– Je vous écoute, ça s’est passé comment ?

– On l’a retrouvée dans une ruelle, une balle dans la tête et pour le moment j’enquête.

– Ecoutez, je n’ai pas l’habitude de me laisser balader par la police. Nous savons tous les deux que je ne suis pas responsable de ça…La femme que vous avez trouvé s’appelait Lola, c’était ma protégée… Personne n’aurait dû la toucher. Et elle n’aurait suivi personne sans mon avis ! Elle était maligne, la petite…

Don Rildo avait un air abattu et son regard était vide. ça me gavait. Si les mafiosos devenaient sentimentaux, on ne s’en sortirait pas. Je lui répondis du tac au tac.

– Et pourquoi vous n’auriez rien avoir là-dedans ? Elle a rencontré quelqu’un et voulait vous quitter, c’est ça ? Vous n’avez pas supporté et donc vous lui avez mis une balle dans la tête tout simplement ?…

Son poing tapa sur la table et son expression changea complètement.

– Je vous préviens, commissaire, ne m’insultez pas ! Je vous accepte dans mon établissement mais je pourrais me débarrasser de vous si je le voulais ! Tout ce que je veux c’est trouer l’enfoiré qui a fait ça !

Le mafioso montrait enfin son vrai visage, celui d’un mec prêt à tout et surtout à tuer. Malgré tout, il ne m’aurait pas joué une telle comédie pour cacher son meurtre. Ce n’était pas lui, malheureusement…

– Avant de trouer qui que ce soit je voudrais savoir, elle avait de la famille, votre protégée ?Des amis ?

– Diego était son frère. Il a débarqué y’a 2 jours, en me disant que Lola était sa sœur et qu’il avait besoin de boulot. Je l’ai mis aux cuisines… pour Lola. Anna, c’était sa choriste, elle a fait le show ce soir : Lola se sentait pas bien. Je les ai fait demander, ils devraient plus tarder.

En effet, un homme blond mince et grand entra dans la pièce suivit de la jolie brune que j’avais vue sur la scène.

– Diego assied-toi, on a un truc à te dire,enchaîna Rildo.

Le Diego avait l’air imperturbable.Il s’assit sur une chaise qui était placée sur le côté.

– Diego, ta sœur est morte. Elle a été tuée mais je te le promets, je vais retrouver l’enfoiré qui a fait ça et lui faire regretter.

On entendit, tout à coup, un cri.C’était Anna qui était tombée dans les pommes.

– Mettez-la dans sa loge, ordonna-t-il à son cerbère.

Une larme coula sur la joue du jeune Diego… Le gars ne s’énerva pas, il mit sa tête dans ses mains et se leva brusquement.

– Don, j’ai besoin de prendre l’air. Si tu me demandes, je suis dans la rue.

– Bien sûr Diego, va !

Je pense que j’en avais assez vu. Je voulais interroger Anna, une choriste, c’est une sorte de confidente. Elle saurait sûrement ce qui se passait dans la vie de la poupée.

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