Une ville d’enfer – 3

Loge d’Anna, New York

1h45

Afin que la choriste se remette un peu, j’étais allé passer un coup de téléphone au bleu pour lui faire part de mes récentes découvertes ,pour que celui-ci aille fouiner dans les dossiers, voir s’il pouvait trouver des informations sur la poupée. Il alla donc fouiner dans les archives du commissariat pour trouver l’Etat Civil de la Poupée.

J’entrais enfin dans la loge et vis la petite Anna assise sur une chaise en train de se ventiler à l’aide d’un éventail. La loge était plutôt minuscule il y avait des photos de stars de cinéma et tous les fauteuils étaient recouverts d’un velours rouge des plus criant :

– Mademoiselle Anna, je peux vous poser quelques questions ?

– Allez-y commissaire, j’ai rien à cacher ! Me rétorqua-t-elle.

– Avez-vous remarqué un comportement bizarre chez Lola ? Vous semblait-elle troublée ?

– Pour sûr, mon commissaire. Me répondit-elle avec un sourire aguicheur.

Elle n’avait pas un comportement bizarre, elle était bizarre. Tous les soirs, depuis un mois, elles recevait un bouquet de fleurs qui faisait la taille du miroir que vous voyez ! …. Avec une carte, qu’elle brûlait systématiquement avant que je puisse la lire.  J’avais beau lui demander de qui ça venait, elle me répondait que je devais m’occuper de mon business ! On était pas trop amies, vous voyez.

– Oui je vois ça ! Autre chose que vous auriez remarqué ?

– Oui mon commissaire… Elle était devenue exécrable ces derniers jours. Elle a même refusé de chanter ce soir, prétextant qu’elle devait se débarrasser d’une corvée. Evidemment, elle ne l’a pas dit à Don. Elle lui a dit qu’elle était malade ! C’était une grande comédienne quand elle voulait ! Pour sûr !

Je remerciais Anna pour son aide et quittais cet établissement avant que la patience de Don Rildo n’ait raison du flic que j’étais.

Mais qu’est-ce que la poupée avait à faire comme corvée ? Qui la harcelait comme ça ? Je décidais de rentrer au commissariat pour voir où en était le bleu. Cette histoire puait la vengeance à plein nez et y’avait jamais rien de bon qui sortait de ça.

Commissariat de Police, New York

2h15

Le bleu m’attendait à mon bureau, aussi impatient qu’un gosse de quatre ans devant un magasin de sucreries.

– Patron ! L’autopsie a bien montré qu’elle était morte par balle. Une balle dans la tête. Apparemment, selon l’angle, la victime était de dos et elle se dirigeait vers la rue.

– Le bleu, je suis sûr que tu as autre chose à me dire que des évidences ! Lui rétorquais-je.

Le bleu devint tout rouge et chercha fébrilement dans ses notes.

– Euh… Oui, bien sûr patron. Grâce au nom que vous m’avez donné j’ai pu retrouver son dossier et confirmer avec le médecin légiste que la victime était bien Lola Tempérance.

C’est pas vrai ! Le médecin légiste était encore debout ! Cette ville pourrissait vraiment de l’intérieur.

– Continue le bleu, je suis sûr que tu peux mieux faire ! Lui rétorquais-je sans m’énerver.

Il me regarda avec un air vide, son visage était inexpressive au possible et m’indiquait que le néant avait envahi son cerveau.

– Passe-moi le dossier, le bleu !

Il s’exécuta. J’avais entre mes mains la vie entière de Lola Tempérance : Jeune femme de 26 ans, blonde, 1m68, née à New York,….mariée à Diego Tempérance…

Putain ! L’enfoiré ! Il s’était bien foutu de ma gueule !

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